A la différence du rock- steady, du ska ou du reggae qui ont profité de l’explosion des studios d’enregistrement pour se répandre sur les sonos du monde entier, le mento, genre rural par excellence, apparu au cours des années 1930, n’est joué, aujourd’hui encore en Jamaïque, que dans de rares bals de campagne ou dans les salons des grands hôtels. Formé en 1986 par le chanteur et guitariste Landford Gilzene, cet ensemble traditionnel (guitare, banjo, shakers, harmonica, « rhumba box », un instrument qui doit autant au cajón qu’à la sanza, et voix) signe ici son premier album. Ces quinze plages conservent toute la fraîcheur et la truculence de cette musique du quotidien inspirée tant des chants de travail africains que de la polka ou des quadrilles européens.